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The Blower’s Daughter… Une Ballade Irlandaise !

Tout amoureux ou nostalgique d’une romance qui se respecte possède SA chanson. Une ode musicale qui plonge indubitablement dans une torpeur, un mal-être symbolique, conséquence d’un passé que l’on souhaite ou non proscrire selon son niveau de masochisme. Et le plus souvent, l’heureuse élue fait office de transfert. Les déceptions amoureuses, malédiction du commun des mortels ou simple incidence d’une vie, ne sont guère évidentes à surmonter. Je suis bien placée pour en parler car je fus moi-même victime de ce fléau. Et une mélodie me tint lieu d’exutoire.

Un petit récapitulatif s’impose. Tout a commencé par une relation qui semblait être à toute épreuve et puis un beau jour… ce fut le drame ! Rupture inattendue, hurlements et pour finir… les larmes ! Commença alors, pour moi, la longue route de l’incompréhension, du désespoir et de l’abandon. Tout était bon pour commuer cette peine en un ersatz de souvenir. Et que recherchons-nous dans un tel moment si ce n’est une once de réconfort. Etre compris, pouvoir partager sa peine… Un besoin vital !

Il faut savoir que j’ai toujours eu un faible pour les ballades irlandaises. Elles sont une sorte de métaphore des tourments de l’âme humaine. La première fois que j’ai écouté The Blower’s Daughter du talentueux Damien Rice, j’ai été submergée par une multitude de sentiments. Toute la peine, tout le ressentiment que j’essayais en vain de refouler se révélaient au grand jour. Et les larmes aussi, d’ailleurs. Une vraie fontaine lacrymale ! Impossible de m’arrêter. Une horreur ! Car dès les premières notes, l’envoûtement opère.

Une dynamique s’installe constituée à la fois par la voix douce et mélodieuse du songwriter irlandais, les guitares dont le jeu accentue le rythme et les violoncelles véhiculant des émotions profondes, pures renforçant, de ce fait, le côté triste et mélancolique. Ne dit-on pas que le son d’un violoncelle s’apparente aux sanglots de l’âme humaine ? Et c’est sans oublier la présence de Lisa Hannigan dont la voix apporte une certaine légèreté et en même temps une dimension onirique à la chanson. Ainsi, une intimité se crée. Tout au long de l’écoute, l’intensité émotionnelle oscille telle une cascade sentimentale.

Et puis, il y a les mots… simples mais efficaces, illustrant avec justesse cette obsession qui subsiste malgré tout et nous dévore. Et il y a surtout cette phrase… cette dernière phrase qui, d’un coup, nous fait comprendre toute la cruauté et l’ironie de la vie car, malgré ce que l’on croit, toute personne est remplaçable… même si cela fait mal.

Et… ce fut le déclic !

Chantal Gonçalves