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Goodnight Travel Well… The Killers !

Il est de ces titres qui nous alpaguent… et ce, dès la première écoute. Un son mélodique, une parole et c’en est fini. Il résonne à vos oreilles et vous chavire le cœur et l’âme en un instant, laissant une empreinte indélébile que nul ne peut estomper. Goodnight, Travel Well. Clôturant le troisième opus studio, Day & Age, sorti  en 2008, le titre sonne tel un requiem. L’attente de l’inévitable, la perte d’un être cher, l’impuissance…

Mais avant d’aller plus loin, un petit rappel s’impose. Groupe de rock alternative américain, The Killers est l’un des groupes les plus décriés de la scène internationale notamment du fait des frasques de son leader, Brandon Flowers. Pourtant, ils restent une valeur sûre, leurs trois premiers albums ayant totalisé plus de 12 millions d’exemplaires vendus. Leur musique, à l’obédience rock est, cependant, teintée d’une touche 80’s et 90’s, subtile référence à des groupes ou artistes mythiques… Dépêche Mode, Oasis, New Order, David Bowie, U2…  Une influence somme toute british.

L’album Day & Age, à contre-courant des précédents, est cette bulle popesque aux influences instrumentales diverses (rock, pop, bossa nova, saxo…) qui nous ambiance dès les premières notes.  Certes, certains titres séduisent plus que d’autres notamment l’étonnant Human ou l’entrainant This Is Your Life (Bono… où es-tu ?) pour ne citer qu’eux. Pourtant, l’opus reste l’un des meilleurs de la production The Killers. N’oublions pas que le groupe compte, à son actif, cinq albums dont Wonderful Wonderful sorti en 2017.

Un choix donc audacieux d’inclure un titre beaucoup plus sombre dont la thématique et les sonorités vont à l’encontre du pep’s des autres morceaux, surtout lorsqu’il succède à l’envoûtant The World We Live In et son message à la fois désabusé et plein d’espoir. Même s’il occupe la dernière piste de l’album, Goodnight, Travel Well s’impose par sa symphonie instrumentale, glaciale et impérieuse. Harmonieusement maîtrisée, la voix de Brandon Flowers porte le morceau, amplifiant une intensité dramatique latente. Et soyez sûrs que le mois de Novembre, symbolique d’une agonie saisonnière, se prête merveilleusement bien à ce titre… surtout lorsque vous l’écoutez à plein tube auriculaire dans le métro ou le RER.

Mélancolique, puissant jusqu’à l’extrême, Goodnight, Travel Well reste un hymne plein d’amour, un voyage interstellaire… un accompagnement lié aux derniers instants d’une vie, et ce, face aux prémices de l’inconnu (n’oublions pas que la mère de Brandon Flowers était très malade, à ce moment-là). La musique s’achève. Il est temps de dire bonne nuit et…  bon voyage.

Chantal Gonçalves