La musique folk est ce langage empreint d’une émotion latente… celui que l’on puise dans les tréfonds de l’âme… un murmure… vocal… instrumental. Nulle frontière… nulle barrière ! Elle vous arrache un soupir de mélancolie… vous bouleverse ou vous rassure. Elle est cette compagne qui ne vous quitte pas… accentuant, parfois, un spleen routinier ou réchauffant tout simplement un cœur désabusé. S’épanouissant dans l’ivresse anglo-saxonne, la musique folk n’a pas la prédominance hexagonale. Pourtant, depuis quelques mois, un jeune homme à l’androgynie affirmée s’y accomplit.
Âgé d’une vingtaine d’années, Elias Dris est né en banlieue parisienne. Très tôt, les influences qui jalonnent son enfance alimentent sa passion de la musique (Neil Young, Leonard Cohen, David Bowie, Joni Mitchell…). Très vite, il apprend à jouer de la guitare… seul, en autodidacte. Mais la musique n’est pas l’unique influence artistique. La poésie tient une grande place marquée par des auteurs tels Rimbaud, Walt Withman ou Allen Ginsberg. Adolescent, le jeune homme perd sa mère… une blessure immense. L’appel des planches se fait sentir et il intègre diverses compagnies. Devenu acteur, il parcourt la France durant deux années. Mais la musique n’est jamais loin. Elle reste présente. Trois EP’s sont enregistrés.

Ivre de changements et de découvertes, le jeune homme s’envole pour les Etats-Unis, terre promise qui a vu naître les plus grandes figures de la contre-culture américaine. Une source d’inspiration. La quasi-totalité des titres qui composent, aujourd’hui, le superbe opus Gold In The Ashes ont été écrits sous le soleil californien. Et puis… vient la rencontre. Primordiale… décisive. Tom Menig n’est pas un inconnu. Producteur, il est le père d’une étoile de la folk, Alela Diane. La collaboration entre Elias Dris et Tom Menig s’instaure d’elle-même. Séduit par les titres du jeune artiste, l’enregistrement se fait rapidement et… simplement. Gold In The Ashes… un écrin à la joaillerie folk renfermant 12 petites merveilles finement ciselées voit le jour. Une œuvre intimiste, poétique et aboutie.
Une once de pureté dans la voix oscillant vers l’ambivalence androgyne, des ballades à la mélancolie mélodique (Wild Horse, A Thousand Rivers, The Last Cigarette…) sublimées par des accords impérieux et guitaristiques tantôt électriques (guitares, pedal steel), tantôt acoustiques (guitare, banjo, mandoline), des morceaux à la flamboyante rythmique (Eros & Thanatos), parfois auréolés de tonalités 70’s blues rock (Gold In The Ashes, Turn Off The Night)… tel est le cocktail de cet album à la tessiture country folk. Chaque composition se révèle à l’image de l’auteur-interprète… d’une beauté rare et empreinte d’une vulnérabilité à la fois sobre et délicate. Paru sous le label, Vicious Circle, Gold In The Ashes est sorti le 25 aout 2017, faisant d’Elias Dris, la révélation Folk de l’année. Et ce… pour notre plus grand plaisir !
Chantal Gonçalves
